Après une longue, longue absence , je suis de retour.
Je vous propose la suite de mes illustrations d'après l'album de chansons de René Leredde.

LE TANGO DE LOLA
Je sais bien que les hommes t'admirent
Je les vois rôder autour de toi
Comme un aimant tu les attires
Et j'en souffre malgré moi
Je sais bien que certains te promettent
Des richesses pour mieux te tenter
Et pourtant moi, pauvre poète
Dans l'espoir de te charmer
C'est pour toi Lola ma brune
Que ce soir j'ai fais ce tango
En rêvant seul sous la lune
Aux sons des guitares et des banjos
Hélas! je n'ai pas de fortune
Pour pouvoir t'offrir des joyaux
Et c'est pourquoi ma brune
J'ai mis tout mon coeur dans ce tango
Je sais bien que tout ton être grise
Que celui qui te tient dans ses bras
Est à jamais sous ton emprise
Et qu'il ne se reprend pas
Oui, je sais tout cela et quand même
Contre moi je voudrais te tenir
Car plus que tout vois-tu, je t'aime
Tant pis si je dois souffrir
Voici mon illustration d'après cette chanson :
par Picazo
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Voici une illustration de René Leredde de 1935 d'après une chanson "Nuits de chine" qu'il a recopiée.
Nuits de chine
Quand le soleil descend à l'horizon
A Saigon
Les élégantes s'apprêtent et s'en vont
De leurs maisons
A petits pas, à petits cris
Au milieu des jardins fleuris
Où volent les oiseaux jolis
Du paradis
Tendrement enlacés
Se grisant de baisers
Les amants deux par deux
Cherchent les coins ombreux
{Refrain:}
Nuits de Chine
Nuits câlines
Nuits d'amour
Nuits d'ivresse
De tendresse
Où l'on croit rêver jusqu'au petit jour !
Nuits de Chine
Nuits câlines
Nuits d'amour !
Sur la rivière entendez-vous ces chants
Doux et charmants ?
Bateaux de fleurs, où les couples en dansant
Font des serments !
Pays de rêve, où l'étranger
Cherchant l'oubli de son passé
Dans un sourire a retrouvé
La joie d'aimer
Eperdu, le danseur
Croit au songe menteur
Pour un soir de bonheur
On y laisse son cœur
{Refrain}
Mousmée jolie dont mon cœur est épris
Je veux l'oubli
Puisque de toi mon amour infini
Reste incompris
L'opium endort les malheureux
Et les emporte jusqu'aux cieux
Dans un nuage merveilleux
De fumée bleue
Dans le soir qui s'enfuit
Loin des chants, loin du bruit
Sur la natte, endormi
Le beau rêve a repris
{Refrain}
Voici une illustration d'après cette chanson
par Picazo
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J'ai trouvé un livre aux puces de Saint Ouen écrit par un militaire du régiment
146éme R.I.F.
Il a copié des chansons d'amour et de militaire de l'époque avec quelques petites illustrations de lui.
Mon objectif est d'illustrer ses chansons.
Voici peut être une photo de lui qui était dans le cahier.
Je vous montre ses premières pages.
Si quelqu'un a une idée de ce que signifie la page que je présente, indiquez le moi.
Voici le refrain d'une chanson.
L'âme des roses
Elles ont une âme les roses.
Car ce sont des femmes les roses.
Elles en ont tous les charmes.
Beauté tendresse et larmes.
N'éffeuiller jamais les roses
Car dans les secrets des roses
Une âme de femme est enclose
Et c'est elle qui souffre quand
on fait mal aux roses.
Voici une de mes illustrations pour la poésie "l'âmes des roses".
par Picazo
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Le noir démon des combats
Va quitter cette contrée
Nous reverrons ici-bas
Régner la déesse Astrée
O Paix! source de tout bien
Viens enrichir cette terre
Et fais qu'il ne reste rien
Des images de la guerre.
Chasse des soldats gloutons
La troupe fière et hagarde
Qui mange tous nos moutons
Et bat celui qui les garde.
Délivre ce beau séjour
De leur brutale furie
Et ne permet qu'à l'amour
D'entrer dans la bergerie.
Fais qu'avecque le berger
On puisse voir la bergère
Qui coure d'un pas léger
Qui danse sur la fougère
Et qui du berger tremblant
Voyant le peu de courage
S'endorme, ou fasse semblant
De s'endormir à l'ombrage
Accorde à nos longs désirs
De plus douces destinées
Ramène nous les plaisirs
Absents depuis tant d'années.
Etouffe tous ces travaux
Et leurs semences mortelles
Que les plus grands de nos maux
Soient les rigueurs de nos belles
Et que nous passions les jours
Etendus sur l'herbe tendre
Prêts à conter nos amour
A qui voudra les entendre.
Jean de La Fontaine
par Picazo
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Baise m'encore...
Baise m'encor, rebaise-moi et baise :
Donne-m'en un de tes plus savoureux,
Donne-m'en un de tes plus amoureux,
je t'en rendrais quatre plus chauds que braise.
Las te plains-tu ? Ca que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereux
Ainsi mêlant nos baisers tant heureux
Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.
Lors double vie à chacun en suivra
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m'amour penser quelque folie :
toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne puis donner contentement,
Si hors de moi ne fais quelque saillie.
Louise Labé
par Picazo
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Un secret
Mon âme à son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu ;
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire.
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
Hélas ! J'aurai passé près d'elle inaperçu ;
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire ;
Et j'aurais jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin distraite et sans entendre
Ce murmur d'amour sur ses pas.
A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira lisant ces vers tout remplis d'elle :
"Quelle est donc cette femme ?" et ne comprendra pas.
Félix Arvers
par Picazo
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Les Yeux d'Elsa
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés
Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé
Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche
Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux
L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages
Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août
J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa
Louis Aragon
par Picazo
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DESIRS DE FAUNE
A celle qui m'a révélé l'amour
Oh ! QUAND la chair se gonfle et se dresse brûlante !
Quand toute l'âme est là, tendue et pantelante,
Et la tête affolé - écumant de désirs,
Ne sachant ou chercher de plus cuisants plaisirs,
Jeter sa langue ardente entre les cuisses nues !
Et les deux bras crispés sous les fesses charnues
La respirer, sentir son odeur, la lécher
Avec l'emportement du bouc et du Satyre,
La sucer jusqu'au sang, la mordre, s'attacher
Comme une pieuvre humaine et la boire - et se rire
De ses convulsions, et sentir tout son corps
Qui se brise, et se gonfle en d'effrayants transports,
Dans des crispations, des spames et des rages,
Etouffant, sanglotant, hurlant des cris sauvages !
Guy de Maupassant
par Picazo
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La chevelure
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :
Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.
Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
Baudelaire
par Picazo
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